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« Tulisquoi » touché par Megan Stack

Image 3Découvrez la chronique sur le blog « Tu lis quoi ? » du livre « Tous les hommes de ce village sont des menteurs » de Megan Stack :
« Un texte sensible, qui donne un point de vue très intéressant sur le métier de reporter de guerre. »

 » “J’avais vingt-cinq ans à peine quand j’ai couvert les affrontements en Afghanistan. J’avais atterri là par une simple coïncidence, précipitée par hasard dans le reportage de guerre, simplement parce que j’étais en vacances à Paris pour le 11 septembre.” Alors celle qui n’était auparavant que correspondante nationale va se retrouver propulsée en première ligne des combats au Moyen-Orient. Pendant cinq ans, elle couvrira les guerres et les horreurs en Israël, au Yemen, en Egypte ou encore en Irak. Elle sera là pour la traque de Ben Laden, la chute de Saddam Hussein, la guerre au Liban, les affrontements entre Israël et la Palestine, les attentats à la bombe dans l’un ou l’autre camp.

Mais ce livre n’est pas le récit de la guerre. Ou pas seulement. Crisminebase C’est un récit de ses rencontres avec les hommes politiques, les traducteurs, les chauffeurs, ceux qui veulent bien raconter une journée, une heure de ce que c’est que de vivre sous les bombes, dans une dictature, en tant que femme, en tant qu’ancien prisonnier politique, dans le froid, dans les hôpitaux psychiatriques, dans les hôpitaux de fortune aussi… C’est ce récit qui dépasse le traitement des images de guerres comme de l’infotainment, la réalité des gens qui disparaissent le lendemain d’un rendez-vous avec la journaliste pour avoir osé parler.

Mais c’est aussi l’histoire d’une femme perdue. A force de couvrir l’horreur, comment se protège-t-on de ce que l’on voit, de ce que l’on vit avec ces populations ? Comment couvrir une guerre qui ne semble plus avoir de logique, ni pour le pays qui s’est lancé dans l’attaque, ni pour celui qui la subit ? Mais Megan Stack se questionne surtout sur les stratégies de son propre pays : pas chez elle dans ces pays qu’elle a couverts, plus vraiment chez elle non plus dans ce pays où elle est née, mais dont elle ne comprend pas/plus les positions politiques…

“Nous somme revenus à sec, crachant le sang d’autres que nous“, dit-elle dans ce récit sensible, qui donne un point de vue très intéressant sur le métier de reporter de guerre. »