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Rencontre avec Patrice Jean

« Flaubert pour moi est un Dieu »

La France de Bernard est en librairie depuis le 7 février 2013.
Rencontre avec son auteur, Patrice Jean :

 

Pourquoi avez-vous choisi cette histoire ? Qu’est-ce qui vous attirait dans les mésaventures de ces personnages ?
C’est Bernard qui s’est imposé. Je l’ai vu un jour, je ne sais plus quand, suffisant, obsédé sexuel, lourdaud, mais pas méchant, ce Bernard, donc, a soudain cru qu’il était de la race des philosophes. Tiraillé entre sa nature profonde et ses prétentions philosophiques, le personnage fréquente des milieux culturels qui vivent eux aussi, à leur façon, la contradiction entre des prétentions humanistes et l’égoïsme propre à tout être humain. Celuloid Je me suis amusé à confronter ces deux mondes, très différents, mais qui se ressemblent aussi.

 

La France de Bernard n’est-elle qu’une satire ?
Le roman est une satire. Il a ses cibles. Leur point commun : le décalage entre les discours et les motifs réels. Rome – car rental C’est une source éternelle de la comédie. Alors allons-y : certains discours de droite, de gauche ; et tout ce qui relève des minauderies culturelles. Mais comme toute satire, j’espère que La France de Bernarddévoile des vérités sur notre époque, sur les hommes. C’est mon point commun avec Bernard, – et les philosophes -, ce bizarre désir d’être vrai. La satire, donc, mais aussi la parodie, le réalisme, le dialogue. J’aime les romans qui s’échappent de la pure narration.

 

Avez-vous réellement épluché le courrier des lecteurs de Télérama pour les dialogues du livre ? Pourquoi ?
Le courrier des lecteurs m’a inspiré (il n’y a pas que Bernard). J’ai découpé pendant des mois les lettres les plus significatives et je les ai collées sur des feuilles en les regroupant par thème : la lecture, la France, la Droite, le théâtre, le racisme, etc. Mais, je n’ai utilisé que 10% de la récolte, que j’ai insérée par petites doses dans les répliques de quelques personnages. Me fascine cette propension de certains lecteurs à exposer aux yeux de tous à quel point ils pensent bien, à quel point ils sont gentils, anticonformistes, humanistes, sensibles, ouverts, généreux, etc. Bien sûr Télérama demeure un très bon magazine…Il occupe une position captivante dans la France des cinquante dernières années : représentant le bon goût d’une France catholique jusque dans les années 60, il continue de distribuer les bons points et de répandre la bonne pensée dans une France complètement différente.

 

Quels sont les auteurs dont vous reconnaissez l’influence sur la France de Bernard ?
Il me semble qu’on écrit sans aucune influence consciente. On est seul avec ses personnages, avec soi, avec ses pensées et son imagination. On a des choses à dire, et qui tiennent à cœur (comme on dit.) Mais les influences sont là, tout de même, en ce sens que sans elles, nous n’aurions pas été celui que l’on est. Et puis elles ouvrent des portes : l’insertion de discours dans le roman qu’on retrouve chez Kundera ou Gombrowicz, la satire intellectuelle de Bouvard et Pécuchet (Flaubert est un Dieu pour moi), la peinture de notre société chez Houellebecq, la fantaisie de Marcel Aymé. Et tous les philosophes que j’ai lus, et les épistoliers de Télérama, et toutes les personnes qui m’ont horripilé pendant ces dernières années.