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Maine, un roman très réussi d’après « Café Powell »

maine-couv« La famille, c’est sacré. Et c’est ce thème que J. Courtney Sullivan a choisi pour son deuxième roman, Maine.

Chronique familiale, roman féminin, véritable ode au nord-est des États-Unis, Maine est tout cela à la fois. Le roman retrace l’histoire des Kelleher depuis les années 40, et le mariage de Daniel et d’Alice. L’intrigue dévoile progressivement les secrets des uns, les mesquineries des autres, les rêves déçus, les rancœurs. Le passif familial est lourd, mais pourtant assez commun. A la manière des Rougon-Macquart, l’alcoolisme court dans la famille. Mais la racine du « mal » est probablement le caractère difficile d’Alice, ployant sous le fardeau d’une culpabilité très lourde, qui, pour se racheter, a renoncé à ses rêves pour embrasser une vie de mère au foyer qui lui répugnait. Mère distante, grand-mère aux mots très durs, Alice incarne une féminité contrainte, vécue comme un carcan. Jeune fille dans les années 40, Alice ne rêve pas d’un mari, d’une belle maison, et d’enfants blonds comme les blés. Ce sont des rêves de liberté qui animent la jeune fille. Mais la société, les convenances, et un évènement tragique la pousseront sur le chemin tout tracé pour elle. A l’inverse, Kathleen a su faire preuve de courage et d’obstination : tout d’abord enfermée dans un rôle qui ne lui convient pas, elle ose divorcer à l’aube de la quarantaine, et tout quitter par amour pour un projet fou alors qu’elle tutoie la cinquantaine. Rebelle, libre, indépendante, Kathleen souhaiterait pouvoir transmettre ses conseils à sa fille Maggie. Mais Maggie, elle, a des souhaits plus traditionnels. Elle aimerait bien que son petit ami Gabe emménage avec elle, et qu’ils se marient un jour. Elle est enceinte, et ravie de cette nouvelle, alors que sa mère et sa grand-mère ont toutes deux une vision assez sombre de la maternité, qu’elles assimilent à un renoncement de soi, à une négation de sa propre personnalité. Enfin, il y a Ann Marie, jeune fille issue d’un quartier pauvre, qui a épousé Pat, le fils d’Alice, accédant ainsi à une existence bourgeoise. Ann Marie, on se l’imagine un peu comme Bree Van de Kamp : femme au foyer, elle court partout pour aider sa mère, tenir compagnie à sa belle-mère, garder ses petits-enfants, aller au club, tenir sa maison, participer à des concours de maisons miniatures. Mais Ann Marie se demande si elle n’est pas passée à côté de sa vie, si elle n’a pas trop donné aux autres sans prendre de temps pour elle. Elle envie au fond l’égoïsme de sa belle-sœur Kathleen.

Ces quatre femmes, si différentes, vont se retrouver dans le Maine : des révélations, des coups d’éclats et des confessions seront au rendez-vous. A la fin du roman, le lecteur se sent proche de cette famille : il a tant et si bien vécu leur intimité qu’il a presque l’impression de faire partie de la famille. J. Courtney Sullivan maîtrise son récit du début jusqu’à la fin, alternant les points de vue, les souvenirs et le présent. Maine est un deuxième roman très réussi. » -Emily

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Retrouvez l’intégralité de la chronique sur :
http://cafe-powell.com/essai-transforme-pour-courtney-sullivan/