• fr
Fermer

Abonnez-vous à notre newsletter

Souscrivez à notre newsletter et ne manquez rien !

Chargement...

Votre inscription a bien été prise en compte !

L’élégance automobile, vue par Bertrand de Saint-Vincent dans Le Figaro

« Le Dictionnaire élégant de l’automobile nous remet au volant de modèles mythiques, au temps où la voiture n’était pas le bouc émissaire d’une rage purificatrice. » 

Bertrand de Saint-Vincent, du FIGARO, a aimé le Dictionnaire élégant de l’automobile de Thomas Morales.

La chronique de Bertrand de Saint-Vincent, dans le Figaro.  

Dans le monde tel qu’il se pro­file, la tentation est grande de faire marche arrière. Un livre nous y incite: Dictionnaire élégant de l’automobile . Son auteur est un trentenaire qui s’apprête à franchir le virage des 40 ans. En couverture, Steve McQueen et Jacqueline Bisset posent en Porsche. L’exquise brune aux yeux verts tient le volant. On rêve.

Toutes les femmes ne ressemblent pas à Cécile Duflot. Les années défilent comme des kilomètres. Avant d’être poussée dans le décor, bouc émissaire d’une rage purificatrice, la voiture fut un décor. Loewy, Pininfarina en dessinaient les courbes. Elle avait de l’allure, elle en donnait. Chacune son style: «désinvolte et pragmatique», la Dauphine savait garder le sourire; «Incongrue et bourgeoise», la DS faisait de vous un gangster ou un homme d’af­faires. Daninos baptisait la Facel Vega, Enzo devenait Ferrari en lançant son premier bolide. Lino roulait en Jaguar, James Bond en Aston Martin, Emma Peel en bottes de cuir et Lotus Elan. L’homme à pied n’irait pas loin.

Les femmes n’étaient pas en reste: «Qui n’a jamais aimé la vitesse», tranchait Sagan, «n’a ­jamais aimé la vie.» On épousait son automobile pour le meilleur ou pour le pire. Nimier se tuait au volant, Morand traversait le siècle pied au plancher: il n’y a pas de radar pour contrôler le destin. Pompidou roulait en Porsche, l’homme en 404 n’avait rien à voir avec son compatriote en R16. Picasso, le chah d’Iran fanfaronnaient en Mercedes 300SL Papillon. Il ne serait venu à l’idée de personne de faire marche arrière. On fuyait la guerre, on croyait à l’avenir. Ça roulait