Le chant d’Achille, chroniqué dans Lire

Achille - Lire« Un hommage brillant aux mythes fondateurs grecs dans ce roman d’apprentissage subtil et plein de fureur. (…)  Madeline Miller joue habilement avec les mythes tout en les respectant. Son art de conteuse  lui permet de se confronter avec bonheur à des épisodes mémorables et d’évoquer une singulière passion amoureuse. »

Alexandre Fillon, Lire

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« Magnifique. » Et nos yeux doivent accueillir l’aurore, dans TELERAMA

L’histoire d’une amitié, dans l’Amérique des années 1970 à 1990, entre deux jeunes filles que tout sépare. Un roman tourmenté mais lumineux.

http://www.telerama.fr/livres/et-nos-yeux-doivent-accueillir-l-aurore,109035.php

Des histoires d’amitié, la littérature en regorge. Mais qui aient la sauvagerie et le rayonnement de celle qui unit Ann Drayton et Georgette George dans l’Amérique de la fin des années 1960 (jusqu’aux années 1990), on en a peu lu d’aussi entêtante. Comme la chanson de Dylan qui lui donne son titre. Qu’est-ce donc qui saisit, dans cette odyssée romanesque composée en 2005 par celle qui fut, à 25 ans (elle en a 62), l’assistante de l’essayiste Susan Sontag ? La composition, justement. Et l’acuité du regard quasi photographique sur la société, la politique, acquise sans doute chez le mentor féministe.

Car Sigrid Nunez brasse aussi généreusement l’évolution intellectuelle et morale, artistique et sociale des Etats-Unis qu’elle conte – via d’incessantes ruptures chronologiques – le destin de deux colocataires de la même université, en 1968. Une seule année pour forger deux femmes. Brillante, insolente, Ann est riche, fille unique de parents attentionnés qu’elle méprise, ne se consacrant qu’à ses engagements contre la guerre du Vietnam, le racis­me, les ravages du capitalisme. Moins douée, Georgette est d’un milieu où l’alcoolisme le dispute à la drogue, le chômage à la délinquance. Ann protège Georgette, qui admire l’audace de son amie, son dévouement au service des exclus. Puis les parcours divergent. Militante intransigeante, Ann vit avec un Noir ; Georgette s’abîme de concessions sentimentales en compromissions professionnelles. Les deux femmes croient se perdre de vue. Mais Georgette reste hantée. Elle apprend qu’Ann a été emprisonnée à perpétuité pour avoir assassiné le flic qui menaçait son amant. A la prison, elle est ­devenue une espèce de sainte laïque qu’humilient les taulardes. Plane l’ombre de la philosophe Simone Weil, engagée au service des pauvres jus­qu’au sacrifice de soi, dans cette mélancolique saga qui évoque les influen­ces mystérieuses, paradoxales, qu’un être exerce sur un autre… Qu’est-ce qui nous construit ? Pas la famille, selon Nunez, elle-même de mère allemande et de père sino-panaméen émigrés aux Etats-Unis. Davantage la mémoire des choses, les traces des êtres. Surtout le pouvoir des mots, qui traquent le vécu, lui font rendre l’âme. Comme dans ce roman tourmenté et pourtant lumineux, écrit à la première personne, mais où la narratrice préfère dire « elle » quand l’émotion devient trop vive… L’épopée tragique des deux amies est au risque du suicide comme de la sainteté. Elles ne gagnent pas, ne perdent pas. Mais vivent jusqu’au bout. Dans un pays aussi tourmenté qu’elles. Aussi contradictoire. Elles l’épousent, le transcendent à leur façon. Et c’est magnifique.

Fabienne Pascaud, dans Télérama

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« Et nos yeux doivent accueillir l’aurore », l’avis des libraires

 » Avec le roman de Sigrid Nunez Et nos yeux doivent accueillir l’aurore titre emprunté à une chanson de Bob Dylan pour célébrer les nuits sans sommeil des étudiants de première année où vont se rencontrer Ann et Georgette, nous découvrons la plume d’une romancière de talent !  Dissemblables, issues de milieu social opposé, les héroïnes vont cependant devenir amies, partageant tout  jusqu’à ce qu’une « brouille  » les sépare, chacune essayant de réussir sa vie amoureuse et professionnelle. Mais un fait divers tragique va provoquer les retrouvailles.
Sigrid Nunez signe un très beau livre sur l’Amitié en suivant ces deux jeunes filles des 70’s, romantiques, idéalistes, politisées et  refusant le schéma classique imposé par la famille,décidées à aller au bout de leurs expériences, sans entrave… « 
Martine, Librairie Mollat, Bordeaux
 » Sous le regard de Bob Dylan, Georgette George nous convie à un émouvant voyage qui débute en 1968 à New-York. Fraîchement débarquée sur le campus universitaire, elle y fera la rencontre de celle qui va marquer son récit et surtout sa vie : Dooley Drayton dite Ann.
Les deux jeunes filles sont ravies de fuir leurs milieux d’origine, modeste pour l’une et bourgeoise pour l’autre et vont ainsi confronter leur éducation et s’enrichir de leurs aspirations et rêves réciproques.
Époque hippie débridée pour les uns, militante enragée pour les autres, les années 70 créent le berceau des vies futures des deux héroïnes et c’est sans grande stupéfaction que Georgette retrouve son amie, des années plus tard, condamnée pour meurtre.
Georgette va dérouler pour nous son histoire avec Ann, détailler les engagements de chacune et nous faire partager une grande décennie d’histoire trépidante avec beaucoup de tendresse et de lucidité. »
Valérie Ehrhardt, Librairie Au poivre d’âne, La ciotat
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Tristan Garcia parle de BOIS SANS SOIF

 


« C’est d’abord très étranger, puis de plus en plus familier. (…) Ca commence comme une sorte de récit de formation en bois, si je puis me permettre, puis ça devient un essai de classement des genres de bars, des espaces, des gestes, et ça redevient par moments un récit d’éducation à la vie, de client en postulant (sérieux), en stagiaire (prometteur), en titulaire (solide), voire en professionnel (rassurant), jusqu’à l’instructeur (discret).

 

La partie formatrice, plus intime, (…) promet une sorte d’autobiographie métaphorique, qui se développe dans le temps ; en revanche, les textes consacrés à la typologie (« Choisir son Gotham », qui distingue avec le sérieux d’un Max Weber sur le zinc, après quelques pintes, le bar lounge, le « bar à flans », le couleur locale, le communautaire, etc.; « Dimensions », qui est un peu le « Espèces d’espaces » de Perec appliqué aux rades; la liste des marques déposées de superpouvoirs) relèvent d’une littérature spatialisée, moins intime, plus taquine aussi, et tournée vers l’objet plutôt que vers le sujet. Je trouve les deux très bien. (…)

 

Alors qu’il a vraiment le sens de la formule, François Perrin veut lutter pour ne pas produire un texte qui se résumerait lui-même à une formule (soit la typologie des bars, soit le roman de formation un brin désillusionné), et c’est sacrément louable. On sent qu’il lutte sans cesse contre la facilité – sans pour autant rendre la tâche difficile au lecteur. »

Tristan Garcia, auteur de La meilleure part des hommes et de Faber, le destructeur

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Bois sans soif de François Perrin, vu par Philippe Jaenada

Bois sans soif de François Perrin sort le 9 janvier en librairie. Philippe Jaenada en a signé la préface. Extrait :

« (…) Attention, on n’a pas là le petit livre sur les bistrots, le journal impressionniste du promeneur de comptoir, le vague traité de picologie à l’usage des buveurs de tilleul. Bien loin de là. On a dans les mains, tombé du ciel, le plus complet, le plus précis des manuels de vie en milieu baristique, comme dit François Perrin. (…) on y apprend surtout, avec l’impression distrayante d’observer simplement une maquette, vue d’en haut, un petit bistrot avec des petites personnes dedans, on y apprend surtout ce qu’est la vie sur terre. Qu’on m’ôte les coudes si j’exagère. Car bien sûr, le bar, les habitués et ce que leur servent les barmen, tout ça s’extrapole d’un battement de paupière, tout ça n’est rien d’autre que : le monde, les gens et ce dont ils se nourrissent au cours de leur existence. (Et voilà, je dévoile, je déflore, je suis un misérable.)

Bois sans soif est un livre, allons-y sans doseur, qui permet de comprendre l’être humain. Qui familiarise sans faire peur, qui rend son lecteur lucide, indulgent, expert, tranquille. (C’est un sacré livre, il n’y en a pas des brouettes dans le genre.)   »

 

 

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L’élégance automobile, vue par Bertrand de Saint-Vincent dans Le Figaro

« Le Dictionnaire élégant de l’automobile nous remet au volant de modèles mythiques, au temps où la voiture n’était pas le bouc émissaire d’une rage purificatrice. » 

Bertrand de Saint-Vincent, du FIGARO, a aimé le Dictionnaire élégant de l’automobile de Thomas Morales.

La chronique de Bertrand de Saint-Vincent, dans le Figaro.  

Dans le monde tel qu’il se pro­file, la tentation est grande de faire marche arrière. Un livre nous y incite: Dictionnaire élégant de l’automobile . Son auteur est un trentenaire qui s’apprête à franchir le virage des 40 ans. En couverture, Steve McQueen et Jacqueline Bisset posent en Porsche. L’exquise brune aux yeux verts tient le volant. On rêve.

Toutes les femmes ne ressemblent pas à Cécile Duflot. Les années défilent comme des kilomètres. Avant d’être poussée dans le décor, bouc émissaire d’une rage purificatrice, la voiture fut un décor. Loewy, Pininfarina en dessinaient les courbes. Elle avait de l’allure, elle en donnait. Chacune son style: «désinvolte et pragmatique», la Dauphine savait garder le sourire; «Incongrue et bourgeoise», la DS faisait de vous un gangster ou un homme d’af­faires. Daninos baptisait la Facel Vega, Enzo devenait Ferrari en lançant son premier bolide. Lino roulait en Jaguar, James Bond en Aston Martin, Emma Peel en bottes de cuir et Lotus Elan. L’homme à pied n’irait pas loin.

Les femmes n’étaient pas en reste: «Qui n’a jamais aimé la vitesse», tranchait Sagan, «n’a ­jamais aimé la vie.» On épousait son automobile pour le meilleur ou pour le pire. Nimier se tuait au volant, Morand traversait le siècle pied au plancher: il n’y a pas de radar pour contrôler le destin. Pompidou roulait en Porsche, l’homme en 404 n’avait rien à voir avec son compatriote en R16. Picasso, le chah d’Iran fanfaronnaient en Mercedes 300SL Papillon. Il ne serait venu à l’idée de personne de faire marche arrière. On fuyait la guerre, on croyait à l’avenir. Ça roulait

 

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« Il y a du Richard Russo dans Maine » chronique par Aux Bouquins garnis

maine-couv« Maine » mérite quand même que je sorte un peu de ma léthargie car c’est un très bon roman, dans lequel je me suis plongée avec délices grâce à ma chère Phili. Un roman de femmes, un roman américain comme on les aime. Ils savent si bien raconter les histoires de famille, les américains, parler des gens simples, des relations compliquées (on se tire dans les pattes mais on s’aime au fond, même si ça ne se voit pas) de l’amour, de la vie. J’adore.

Cuné a raison lorsqu’elle dit qu’il y a du Richard Russo dans J. Courtney Sullivan. Comme chez Russo, on y retrouve la tendresse, l’émotion, la justesse des sentiments et surtout la pointe d’acidité qui relève le tout.

L’acidité, c’est la grand-mère Alice, octogénaire, tendance fortement alcoolique, qui décide qu’après sa mort, elle cèdera la maison de famille du Maine, dans laquelle enfants et petits-enfants se succèdent par périodes selon un planning bien établi. C’est à son Eglise qu’elle fait ce don, sans en informer les siens. Alice aurait-elle des choses à se faire pardonner?

Ils n’ont pas de très bonnes relations les Kelleher, pas plus entre eux qu’avec Alice (il faut dire que la mamie est une peste, une vraie, et pourtant on s’y attache, ça aussi c’est très américain je trouve, le personnage est haïssable mais il a des failles qui nous émeuvent) mais ils ne sont pas censés se croiser si le planning est respecté. Forcément, le planning va bouger le temps d’un été, sinon ce ne serait pas drôle. Voilà que Maggie, la petite-fille fraîchement larguée débarque dans le Maine, que sa mère Kathleen quitte sa ferme de vers de terre pour la rejoindre en catastrophe, et qu’Ann-Marie, la belle-fille, toujours prête à rendre service, s’y trouve aussi. Avec Alice au milieu, ça va faire des étincelles…

Chaque chapitre est consacré à un personnage, dont le lecteur adopte le point de vue. Je dois dire que j’ai aimé tous les protagonistes (surtout Ann-Marie et ses maisons de poupée, elle est touchante avec ses enfants qui déraillent et son mari gentil mais tellement distant, les maisons de poupée c’est pas trop son truc) et que j’ai trouvé admirable la façon dont J. Courtney Sullivan les fait vivre. Ils sont fouillés, complexes, on croirait des vrais 🙂 Les Kelleher pourraient être nos voisins… »

Retrouvez l’intégralité de la chronique sur :
http://bgarnis.canalblog.com/archives/2013/07/05/27576580.html

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