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Price : 16 € ISBN : 978-2-9195470-6-7

L’abandon, Peter Rock

Traduit de l'anglais (américain) par Philippe Aronson et Jean-Charles Ladurelle, en librairie le 26 janvier 2012

L’histoire, tirée d’un fait divers, est celle d’une adolescente de treize ans qui vit, avec son père, dans une réserve naturelle de l’Oregon, loin des villes, évitant tout contact avec d’autres personnes. Que fuient-ils ? Pourquoi se cachent-ils ? Elle ne se le demande pas. Car, pour vivre cachés si ce n’est heureux, il ne faut penser qu’à cela et consacrer toute son attention à ce mode de vie invisible. Un jour, le père baisse sa garde, les ennuis commencent et la vérité apparaît peu à peu. On n’échappe pas à son histoire, même en se terrant durant des années.

 

L’écriture de Peter Rock, sans pathos et pourtant profondément émouvante, proche de Steinbeck et Thoreau, installe une tension grandissante au fil des pages. Il crée avec son personnage principal une figure inoubliable du roman américain contemporain.

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Un roman à la fois étrange et hypnotique. Une réussite. — New York Times

Author


Peter Rock a grandi à Salt Lake City. Il a écrit cinq romans et est aujourd’hui professeur à l’université de Portland (Oregon).

Extract

Parfois tu marches dans la forêt et une branche morte surgit et te fouette plusieurs fois le dos et les épaules, avant de disparaître dans les broussailles. Il n’y a rien d’autre à faire que de poursuivre ton chemin, tu dois être prête à tout et c’est mon cas tandis que je suis Père qui marche devant moi. Nous sortons du bois, contournons une flaque et gagnons le grillage de la casse. Il fait nuit.


« Caroline », dit Père, écartant un pan déchiré de la clôture. « Passe par ici. »


Il commence à trier et à récupérer des pièces. Il cherche des barres en métal pour soutenir notre toit. Je surveille la route et le portail, et... Lire la suite

In the press

  • Un roman à la fois étrange et hypnotique. Une réussite. — New York Times
  • L'Abandon est chargé d’électricité. C’est un conte à la fois poignant et tendre, sur la perte et la rédemption. Surréel, obsédant, élégiaque. — James Ellroy
  • L'Abandon est ensorcelant et dérangeant, un livre aussi violent que tendre, aussi tendre que réaliste. — Junot Diaz
  • ... très émouvant ... vous serez hantés par la lecture de L'Abandon, comme le sont ses fascinants personnages. — New York Post
  • L'Abandon est un roman intriguant et ambigu dont les hypothèses quant à Caroline et Père trottent longtemps dans la tête du lecteur. Leur relation est-elle bénéfique ou toxique ? Les leçons que les enfants apprennent de leurs parents sont-elles celles que les parents veulent leur inculquer ? Ces questions, parmi d’autres tout aussi stimulantes, donnent à réfléchir dans ce livre que les lecteurs vont adorer. — BookPage
  • Fascinant et déchirant, L'Abandon est un livre envoûtant qui explore la force de l’esprit humain. — Deseret News
  • Une exploration de l'âme humaine en pleine nature. Magnifique! — La Traverse
  • D’un fait divers hors du commun, Peter Rock tire un roman hors normes. Natural writing ? Drame psychologique ? L’Abandon bouscule les genres et s’impose comme l’un des récits les plus marquants jamais écrits sur l’amour formidable et fou entre un père et sa fille. — Yves Martin, librairie Les Buveurs d'encre
Parfois tu marches dans la forêt et une branche morte surgit et te fouette plusieurs fois le dos et les épaules, avant de disparaître dans les broussailles. Il n’y a rien d’autre à faire que de poursuivre ton chemin, tu dois être prête à tout et c’est mon cas tandis que je suis Père qui marche devant moi. Nous sortons du bois, contournons une flaque et gagnons le grillage de la casse. Il fait nuit.


« Caroline », dit Père, écartant un pan déchiré de la clôture. « Passe par ici. »


Il commence à trier et à récupérer des pièces. Il cherche des barres en métal pour soutenir notre toit. Je surveille la route et le portail, et je jette un œil aussi derrière nous, d’où nous venons. Les voitures et les gros camions passent en rugissant sur l’autoroute, les gens à l’intérieur regardent droit devant eux, ils pensent à leurs destinations, aux événements à venir et sans doute aux choses qu’ils ont faites auparavant, sans songer à nous, ni même nous voir. Il n’y a aucune habitation alentour. Seule une centrale électrique qui vrombit dans son enceinte, avec en face, Fat Cobra Video, qui d’après Père est un magasin de serpents, mais j’en doute. Dans la vitrine il y a des photos de dames sans chemisier qui exhibent leurs seins en les tenant à pleines mains.

Maintenant Père tire sur des barres d’acier longues et fines, et met de côté des morceaux de tôle. D’une main, je tiens Randy, mon cheval en plastique. Je ne le lâche jamais très longtemps. Randy et mon ruban bleu m’accompagnent toujours.


« Tu vois, Caroline, dit Père, tout le travail que je fais pour ces gens, en triant ces trucs. C’est une façon de leur rendre ce qu’on prend.


– Oui », dis-je, mon regard se perdant au-delà de l’autoroute, vers les trains sombres de la gare de triage, et les minuscules phares des voitures sur le pont qui traverse le fleuve.

Les barres en métal et les fils de fer sont heureux d’être avec nous puisque nous en ferons bon usage au lieu de les abandonner à la rouille. Père rabat la clôture pour la remettre en place et dissimuler toute trace de notre passage. D’une main je tiens une pelote de fil de fer qui pourra servir pour notre toit, ou pour fabriquer une étagère suspendue, ou une autre création secrète de Père, et de l’autre Randy qui fait des bruits de ferraille tandis que s’entrechoquent les objets que j’ai placés dans son corps creux. Je bouche le trou rond sur son ventre avec mon doigt.


« Caroline, arrête de traîner.

– Je suis là », dis-je.