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Genevieve-Couv
Prix : 16 € ISBN : 978-2-9195471-4-2

Geneviève, Jacques Lemarchand

Sortie, le 22 novembre 2012

On se croit tous au-dessus de la jalousie. Jusqu’au jour où… on ne peut plus faire autrement. Le cerveau se met à fonctionner en boucle autour de quelques questions (où est-elle/il ? Que fait-il/elle ? Qui est cet autre ? Pourquoi lui/elle plutôt que moi ?…) Le monde se résume alors à la douleur et au soupçon.

 Geneviève de Jacques Lemarchand, publié à l’origine en 1944 chez Gallimard, explore cette facette de la passion amoureuse, avec une justesse et un talent rares. L’écriture d’une subtilité étonnante exprime la moindre des nuances de cette souffrance si particulière. Une acuité psychologique étonnante dans laquelle chacun peut se retrouver.

 

Ce texte unique, court, cinglant est une véritable redécouverte. Avec son écriture sans fioriture et pourtant redoutablement précise, Jacques Lemarchand égale le Proust de La Prisonnière et répond à L’Invitée de Simone de Beauvoir.

Ami de Jean Tardieu, proche d'Arland et de Camus, il ne se sert de son vécu qu'à travers un miroir déformant. À l'identique d'un Faulkner, qu'il a peut-être lu, et plus sûrement d'un Marcel Aymé. Il ne triche pas avec son reflet, mais il ne le respecte pas. C'est en cela que « Geneviève » est un roman prégnant, brûlant, qui n'a pas pris une ride. Sans doute parce que Lemarchand tutoie avec audace la modernité, qui sera bientôt à l'ordre du jour. — Sud Ouest

Auteur

JacquesLemarchand
Jacques Lemarchand est né en 1908 à Bordeaux. Après avoir créé une revue avec Raymond Guérin, il participe activement à la NRF de Gallimard, devenant le spécialiste du théâtre. Rue Sébastien-Bottin, il partage son bureau avec Albert Camus et noue avec lui une profonde amitié. Il a écrit de nombreux articles et livres sur le théâtre ainsi que  plusieurs romans. Jacques Lemarchand est mort en 1974.

Extrait

J’aimais la façon de souffrir aride, dépouillée, qui était celle de Jacques. Je le regardais souffrir comme un bon catholique doit regarder brûler un hérétique : avec une curiosité passionnée et le sentiment que la justice est en train de se faire. Le sentiment qu’il se passe une chose atroce mais juste et profondément nécessaire. J’ai beaucoup réfléchi à cette chaude satisfaction que j’éprouvais chaque fois que je voyais Jacques, l’air absent, le regard vide, et faisant jouer les muscles de sa mâchoire. Je savais alors qu’il souffrait et chaque fois j’étais surpris par l’extrême contentement que j’en éprouvais.

Quelquefois il s’apercevait... Lire la suite

La presse en parle

  • Ami de Jean Tardieu, proche d'Arland et de Camus, il ne se sert de son vécu qu'à travers un miroir déformant. À l'identique d'un Faulkner, qu'il a peut-être lu, et plus sûrement d'un Marcel Aymé. Il ne triche pas avec son reflet, mais il ne le respecte pas. C'est en cela que « Geneviève » est un roman prégnant, brûlant, qui n'a pas pris une ride. Sans doute parce que Lemarchand tutoie avec audace la modernité, qui sera bientôt à l'ordre du jour. — Sud Ouest
J’aimais la façon de souffrir aride, dépouillée, qui était celle de Jacques. Je le regardais souffrir comme un bon catholique doit regarder brûler un hérétique : avec une curiosité passionnée et le sentiment que la justice est en train de se faire. Le sentiment qu’il se passe une chose atroce mais juste et profondément nécessaire. J’ai beaucoup réfléchi à cette chaude satisfaction que j’éprouvais chaque fois que je voyais Jacques, l’air absent, le regard vide, et faisant jouer les muscles de sa mâchoire. Je savais alors qu’il souffrait et chaque fois j’étais surpris par l’extrême contentement que j’en éprouvais.

Quelquefois il s’apercevait que je le regardais : alors il relevait la tête, et souriait, avec, je ne sais pourquoi, l’air complice. Cela m’était agréable comme peut l’être à une âme pieuse le grand hurlement de l’hérétique qui avoue son erreur, — mais il est trop tard et il finira de brûler. Je sais qu’il n’y a pas en moi la moindre méchanceté ; seulement une grande soif de justice, qu’il m’était pour une fois donné d’apaiser.