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B.a-b.a-la-vie-sans-savoir-lire-de-Bertrand-Guillot-204x300
ISBN : 9782953353822

B.a-ba la vie sans savoir lire, Bertrand Guillot

En 2008, Bertrand Guillot pousse la porte d’un cours d’alphabétisation pour adultes, dans le 20e arrondissement de Paris. Il s’apprête à donner son premier cours. Sa motivation est la même que celle de milliers de bénévoles en France : se rendre utile et abandonner les œillères du quotidien. Ecrit à la première personne, rythmé par des chapitres courts, B.a.-ba a tout d’un récit d’aventure. Celle d’un « professeur » débutant, tout d’abord. L’auteur est poussé dans le grand bain sans méthode, ni conseils. Après tout, il sait lire, non ? B + A = ba ? Pas si simple. Le costume de « professeur » taille soudain grand face à des « élèves » qui ont bien souvent vécu mille vies et Guillot prend soudain conscience de l’ampleur de la tâche. Le plus sage serait sans doute d’abandonner sur le champ. Il y pense. Pourtant… Sans vraiment se l’expliquer, il va poursuivre ses cours (il en donne toujours aujourd’hui) et vivre un an avec ses élèves, au rythme des joies et des désillusions. Une année dont il a tiré un livre : B.a. -ba.

Un livre sensible, bouleversant mais pas du tout mièvre. — Audrey Pulvar

Auteur

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Bertrand Guillot est l'auteur de quatre ouvrages : le roman Hors-jeu (Le dilettante),  B.a, ba (Editions rue fromentin), son livre-reportage sur l’illettrisme et Le métro est un sport collectif (Editions rue fromentin), recueil de chroniques consacrées au métro parisien. Avec Sous les couvertures, il s'attaque au conte pour en faire roman iconoclaste, une merveille d'originalité.

Extrait

« Ladi se lance d’un ton hésitant : « J’aime le café. » Hamdoulillah. Qu’il essaie donc de l’écrire, maintenant.

- Mais… Je peux pas.

- Pourquoi ?

Il dit qu’il n’y arrivera jamais, les deux autres opinent, On n’a que un mois de cours, dit Nabil. Bien sûr, je suis conscient de la difficulté extrême de l’exercice – comme un élève de latin qui passerait soudain de la version au thème. Mais mon petit doigt est sûr de lui. Le Grand Pédagogue est en retrait, il attend de voir. Je les rassure, leur dis qu’on se fout de l’orthographe (de quoi ?), qu’il s’agit simplement d’écrire les sons qu’ils entendent – au... Lire la suite

La presse en parle

  • Un livre sensible, bouleversant mais pas du tout mièvre. — Audrey Pulvar
« Ladi se lance d’un ton hésitant : « J’aime le café. » Hamdoulillah. Qu’il essaie donc de l’écrire, maintenant.

- Mais… Je peux pas.

- Pourquoi ?

Il dit qu’il n’y arrivera jamais, les deux autres opinent, On n’a que un mois de cours, dit Nabil. Bien sûr, je suis conscient de la difficulté extrême de l’exercice – comme un élève de latin qui passerait soudain de la version au thème. Mais mon petit doigt est sûr de lui. Le Grand Pédagogue est en retrait, il attend de voir. Je les rassure, leur dis qu’on se fout de l’orthographe (de quoi ?), qu’il s’agit simplement d’écrire les sons qu’ils entendent – au moins d’essayer, je suis avec eux pour y arriver.



Je ne sais pas lequel de ces mots a résonné dans l’esprit de Ladi, mais le voilà finalement qui jette son stylo sur la feuille.

Yo ! Je renvoie à plus tard l’explication du « J’ », puis lettre après lettre nous faisons naître la phrase. Nabil a assisté à l’événement, il est prêt maintenant, en équipe avec Cheikhou.

Me voici de nouveau en prise avec le cerveau de chacun. Découverte étonnante : Nabil ne sait pas plus lire que Ladi, et pourtant tous deux semblent avoir la pensée structurés en arabe : ils voient les consonnes, oublient les voyelles.

Je tente une autre phrase avec Ladi, heureux de voir qu’il s’accroche, les traits fatigués mais l’œil rallumé, comme s’il venait de prendre soudain conscience d’une lointaine possibilité.

Pendant ce temps, sur la table d’à côté, Nabil et Cheikhou sont en plein débat sur la manière d’écrire « Bonjour ».

BNOGOU.

Certes.”